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J'ai pleuré


Depuis quelque temps, je n’ai pas le souvenir ou très peu, qu’on est réellement parlé de ce que vivent les gens qui ont perdu un proche, pendant cette crise, on parle de chiffres, de statistiques, de pourcentages, mais qu’en est-il de ceux qui ont perdu un proche pendant cette crise ? Leur solitude forcée face au danger, leur impuissance et l’éloignement obligé ? Quand un être cher nous est arraché il n’y a rien de pire que de ne pas pouvoir le choyer, l’accompagner. Alors j’ai écrit un texte que j’ai voulu exposer…

J'ai pleuré, et mon noir a coulé,

Et personne ne sait toutes les larmes que j'ai versées

J'ai pleuré de te savoir si loin

Mais aujourd'hui si proche je n'ai jamais été,

Et personne ne sait ce que j'ai dérapé.

J’ai essayé, de me noyer de futilité;

Pour oublier mon ventre qui ce tort comme par des coups de poignards assénés.

J'ai pleuré, et mes yeux sont gravés de ces sillons amers que l'on garde à jamais;

Des souvenirs heureux qui nous tordent d'aveux.

J'ai pleuré, et mon corps s'est plié

De cette peur ultime, ne te revoir jamais.

J'ai prié, pour tes maux apaisés;

Comme un regard d'enfant qu'on couvre de baisers;

Qu’on protège d'amour et d'immortalité.

J'ai pleuré, et mon âme a sombré

Et personne ne sait ce que j'ai regardé,

Guetté le moindre objet gorgé de ton passé

Presque le respirer pour ton odeur gardée.

Et personne ne sait comme ta vie m’est comptée.

J'ai crié et rien ne s’est passé,

Le silence des heures en moi c'est installé,

Ronge paisiblement toute ma sérénité

Et ouvrant les blessures d'une môme abandonnée 

Et personne ne sait ce que j'imaginais.

Une ardoise effacée pour tout recommencer.

J’ai pleuré, quand la stupeur m’a prise,

De l’entendre sonner, ce seul, unique objet,

Qui nous tient connecté,

N’avoir plus aucun choix, que de s’y accrocher.

Et de frôler l’horreur du verdict tombé.

J’ai oublié, dès la première syllabe que tu as prononcée;

Venue briser le sombre de ce silence meurtri;

Les maux, les cris, les larmes.

Comme un seul remède ta voix m’a caressé.

Et toute la lumière dans le vide, de mon chez moi fermé, c’est enfin installé.

J’ai déversé, des ruisseaux de bonheurs

Quand le glas s’est trompé,

Ce monstre de malheur t’a laissé respirer.

Et j’ai pleuré,

Je pense à tous ces autres qu’il a fait succomber,

Qu’il a sournoisement arraché à l’été.

Pour tellement d’aimés il aura bien gagné.

Je crierai, aussi fort que je peux pour ne plus me plier,

La plus petite des vies, elle n’a pas de prix.

Même si l’impuissance s’impose en ennemi.

Et que quand le soleil revient nous emporter.

Notre faible mémoire se prend quelques vacances,

S’en vas vers l’amnésie, comme pour s’effacer.

Il faudra bien lutter pour ne pas oublier.

J’ai pleuré, pour un dernier adieu à notre vie passée.

Paris - France  - © OPE Prod - 2019