Rechercher

Une envie pressante... De vivre


Une envie pressante - StephBach - Pas si simple

Il s’agit d’un après-midi comme un autre pour certains, unique pour d’autres, un après-midi de fin septembre, qui s’impose à la vie ou que la vie impose. Le soleil coule sur mes joues, et mon visage brule d’une tendre chaleur, je suis entourée de la famille de mon homme, ses parents et sa tante, qu’il ne voit que rarement.

Je me promène parmi eux sans être là vraiment, mon regard et tout mon être sont pris par le paysage alentour, une petite plage surplombée d’une fine promenade qui elle-même est longée par de grandes maisons comme blanchies à la chaux, leurs fenêtres sont entourées de pierres grises qui semblent illuminer la baie par le soleil reflété. Quelques personnes se posent sur le sable, d’autres lisent tranquillement un livre certainement soigneusement choisi pour profiter de cette rare chaleur automnale.

De nombreux voiliers leurs font face, lovés dans le bras de mer qui s’impose devant la marée montante, dans laquelle se reflète de superbes arbres Vannetais dont le nom m’est imprononçable.

Je continue mon doux chemin, la promenade s’arrête sur une petite brasserie typique dont l’architecture me renvoie quelques clichés que je laisse flirter volontiers avec mon imagination. Les serveurs coiffés de canotiers, vêtus de marinières, se baladent entre les tables en bois rondes posées sur de vieux pavés.

Des bouquets de fleurs rouges et roses sont disposés sur chaque table, les clients se rafraîchissent à l’ombre d’arbres toujours aussi imprononçable, majestueux et biscornus. Les rires des enfants raisonnent devant moi, ils enchainent des plongeons improvisés dans un immense plan d’eau qui n’est autre qu’une piscine géante d’eau de mer, construite pour profiter de baignades sans contrainte de marée. L’atmosphère est si légère, le temps semble se ralentir et ne pas vouloir reprendre sont cour.

Nous nous asseyons à une des tables en bois, tout autour de moi ressemble à une toile impressionniste. Nous discutons de tout, de rien, nous rions de pas grand-chose, les tracas du réel semblent ne plus exister, seul cet instant de grâce demeure. Puis, La nature me rappelle à sont bon fonctionnement… Oui il faut que j’aille aux toilettes. J’avais remarqué quelque minutes auparavant un petit attroupement de personnes très apprêtées devant la porte du café qui me laissait supposer qu’un petit évènement y était organisé. Je me lève et me dirige vers l’intérieur, je fais face au barman et lui demande : « Où sont les toilettes s’il vous plait ? »Lui : « Au fond à gauche ! »Oui ! Enmême temps, c’est souvent à cette réponse (droite ou gauche) à laquelle nous avons à faire lorsque nous la posons, en ayant bien sûr ce soupçon de paresse qui nous évite de lever les yeux pour voir la petite pancarte fléchée, soigneusement accrochée, marquée Toilette !.

Je me dirige donc vers l’endroit de ma délivrance, c’est alors que je réalise que je vais devoir traverser l’attroupement, précédemment remarqué devant la porte, qui célèbre maintenant dans la salle intérieure. Il y aura également 3 personnes devant moi, petits fours et champagne se baladent d’une personne à l’autre, elles conversent, se sourient, s’enlacent. Plus je m’en approche et plus je sens que cet événement est particulier, quelques regards se posent sur moi, je croise l’un d’entre eux, je lance un sourire comme un bonjour silencieux, l’homme me le rend, franc et grand mais sont regard me perce, me perce de tristesse, me perce d’effroi, je regarde autour, et leurs tenues, leurs attitudes… J’arrive à la porte, j’essaye de me faire discrète, je vois les mains se poser délicatement sur les épaules, il règne de la bienveillance, les conversations se font presque à voix basse, pourtant, il m’en arrive une bribe. «Qu’allez-vousfaire pour les cendres ?»« La marée les emportera » Mon rêve s’arrête brutalement, la vie me rattrape à la seconde, je ne les connais pas mais je me sens soudainement proche, comme si je comprenais, mais… Je comprends. J’en oublie ma destination, mon corps tout entier se met en mode automatique, ces mots résonnent encore dans ma tête. Je me dirige vers la sortie, et de nouveau le soleil me saisit, je regarde le ciel, la plage, la mer et je souris comme pour dire merci à cette âme qui s’envole aujourd’hui. Merci de toucher ma conscience, tout a une fin et chaque seconde est un miracle, merci de m’ouvrir encore plus grand les yeux, merci de m’avoir amené jusqu’ici, Merci et au-revoir! Je retourne m’assoir, je regarde mon homme presque comme si c’était la première fois, je regarde sa maman, son papa, sa si gentille tente dont les yeux rayonnent d’un bleu éclatant de bonheur, je profite encore plus de cet instant, de cet endroit magique, de cette journée unique ! Elle restera suspendue dans le temps comme un précieux souvenir. Merci !

  • Facebook - White Circle
  • Instagram - Cercle blanc
  • Twitter - Cercle blanc
  • SoundCloud - Cercle blanc
  • YouTube - Cercle blanc
  • Pinterest - White Circle

Paris - France  - © OPE Prod - 2019